Dans les représentations l'agriculture est vouée à exploiter les espaces ruraux et la ville ne peut inclure d'agriculture.
Cependant, au cours de ces 30 dernières années, un étalement urbain, inégalé dans notre histoire, a cerné l'activité primaire qu'est l'agriculture. Le mitage du foncier a déstabilisé les exploitations. Les meilleures terres ont été consacrées à la construction de lotissements. La fragilité des exploitations est accentuée par la fragilité des modes d'accès au foncier. La propriété représente une faible part des surfaces agricoles et les baux verbaux et précaires constituent une part importe de celles-ci.
Dans ce mouvement, Challes ne fait pas exception. Challes ne compte plus que 91,75ha de surfaces cultivées exploitées par 13 exploitants (données 2008 déclarations PAC). Quatre d'entre eux ont pour siège d'exploitation Challes Les Eaux, 9 autres sont situés sur d'autres communes.
Pour l'agriculture locale nous sommes probablement arrivés à une période charnière. Quelle place doit-on accorder à l'agriculture sur les 15-20 prochaines années, sachant que tout empiètement urbain sur le sol agricole est irréversible ? Y a-t-il des intérêts à maintenir une activité agricole sur la commune et ses environs ? Quelles sont les zones agricoles et naturelles à enjeux : enjeu pour le maintien de la pérennité des structures économiques de production, enjeux pour la collectivité ?
Quels bénéfices attendre de l'activité agricole ? La vocation première de l'agriculture est sa fonction nourricière. Fonction oubliée ces dernières décennies du fait de l'abondance de biens agricoles et alimentaires sur les marchés. Mais cette période semble bien finie : il est probable qu'il faille s'habituer à une raréfaction des biens agricoles pour satisfaire les besoins croissants d'une population en expansion et ingérant des quantités plus importantes de produits carnés. La hausse des cours de l'énergie a aussi montré toute la fragilité de notre mode d'approvisionnement. La sagesse, ainsi que le prône le Grenelle de l'environnement, est donc de favoriser les circuits courts et locaux. Ceux-ci permettent par la même occasion de limiter les émissions de gaz à effet de serre (l'alimentation est à l'origine de près de 20% des émissions dans notre pays) et rassurer les consommateurs sur la qualité des produits du fait de la proximité du lieu de production et la connaissance du producteur. Ce qui peut être favorisé par l'encouragement à l'agriculture biologique.
Il est vrai que d'un point de vue purement gestionnaire l'agriculture rapporte peu ! Il est préférable d'avoir un hectare de lotissement ou de zone d'activité générant taxe d'habitation, taxe foncière et taxe professionnelle.... D'un point de vue emplois créés, il est certain que l'emploi est plus dense en zone d'activité qu'en zone agricole. Mais c'est un raisonnement de courte vue car la sécurité des approvisionnements alimentaires n'a pas de prix ! On le sait bien lors des crises alimentaires !
D'autre part, les activités de l'agriculture génèrent d'autres bénéfices, non monétaires, mais essentiels et quand elles ne sont plus réalisées par les agriculteurs cela engendre des dépenses collectives :
- gestion paysagère ;
- entretien des chemins ruraux ;
- gestion des zones naturelles et de la biodiversité.
Le rôle (et la localisation) de l'agriculture sur notre commune s'envisage aujourd'hui, dans une approche globale ainsi que dans une perspective d'agglomération de cohérence d'ensemble des systèmes de production et d'approvisionnement alimentaire, dans la phase de rédaction du PLU dans laquelle nous sommes.
Pas de réponse toute faite à un problème complexe, mais nécessairement des solutions concertées à trouver avec les parties en présence, agriculteurs, propriétaires fonciers, collectivités publiques (à l'échelle de plusieurs communes) et populations.
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