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Ce n'est pas le dernier
épisode des aventures de Tintin, mais la suite des débats qui ont débuté lors du conseil municipal du 14 décembre 2011.
Le maire a souhaité répondre au courrier que lui avait adressé Pierre Gallet à l'issue de ce conseil où notre premier magistrat avait lancé une attaque contre l'agriculture et plus particulièrement la culture des tournesols sur Pied-devant.
Daniel Grosjean a souhaité répondre à la réponse, mais on notera qu'il ne critique plus comme il l'avait fait en séance l'état de la culture arrivée à maturité, mais porte son attaque sur un autre sujet... sur la conduite technique de la culture...
Nous ne savions pas notre maire aussi intéressé par le sujet et de fait ne comprenons pas comment un sujet qui le passionne autant ne fait pas l'objet d'une commission agricole dans laquelle pourrait être discutées ces questions, et dans laquelle un dialogue constructif pourrait être établi sur la base d'échanges d'informations fondées et pertinentes. Nous ne comprenons pas non plus pourquoi il a si peu investi la commune dans la démarche de rédaction du schéma agricole adopté le printemps dernier par l'agglomération !
Nous sommes surpris par le fait que le maire, tant attaché à la qualité paysagère de Challes, laisse depuis si longue date ces beaux panneaux publicitaires ponctuer l'espace visuel, tout comme la carrière à l'entrée ouest, ou.....
Mais apparemment, les choses prennent le bon chemin !
S'il fallait faire des remarques sur le contenu de la réponse elle-même, nous dirions que la conduite de la culture décrite par le courrier correspond bien aux nécessités..... tant est si bien qu'elle colle parfaitement à la pratique de l'exploitant de la parcelle de Pied-devant.
Par contre, nous sommes surpris par le jugement péremptoire : "date tardive des semis". Sur quelle base ce jugement est-il construit ? Nous savons notre maire bien informé, mais à ce point, nous sommes admiratifs ! .... pourtant la date d'implantation a bien obéi aux règles courantes pour notre région.
En ce qui concerne le soin apporté aux cultures, peut-être notre maire n'est-il pas passé dans les environs de la parcelle quand les opérations de binage ont été effectuées....
Le courrier soulève bien une réalité : la présence d'adventices.... Mais tout jardinier bio amateur, sait que l'action sur celles-ci n'est pas chose simple, le
traitement chimique n'étant pas de mise !!! Par contre, le jardinier bio comme l'agriculteur bio est opiniâtre : il s'interroge sur les raisons de la survenue des plantes non désirées et trouve
les moyens de la lutte biologique, l'espèce qui viendra les déranger dans leurs plans d'expansion.... Probable que les adventices connaîtront une vie plus courte que les panneaux publicitaires
!
Le dénigrement est un art consommé dans notre commune et en la matière le Maire de notre commune est un expert !
Lors du débat relatif à l'approbation du PLU nous avons faire remarquer l'importance de maintenir une agriculture vivante, biologique, et participant aux circuits courts de proximité.
Comme à son habitude notre Maire est reparti sur ses antiennes : l'agriculteur d'aujourd'hui ne fait pas bien son travail, rien à voir avec ce que pouvaient faire les anciens qui sur leur vélo avaient la faux prête à l'emploi pour nettoyer le moindre arpent de terre !
Aujourd'hui il n'y aurait que saccage de la part de l'agriculture ! Et de se plaindre que sur le secteur de Pied-devant les paysans sont incapables de faucher les prés en bordure de route ! Mais comment faucher entre des panneaux publicitaires, au milieu de détritus tombés de ces mêmes panneaux (combien de fois peut-on observer des affiches joncher le sol?) ou de la route (cannettes, sacs, et autres objets) ?
De remarquer ici ou là, un arbre ou une branche mise à terre que personne ne viendrait relever......
Lors du débat du conseil municipal un nouvel "argument" est venu à son esprit : les tournesols de Pied-devant ! Mais que seraient donc ces paysans qui laisseraient à l'abandon leurs cultures ? Oui, ces tournesols qui ont fait l'attraction pendant de nombreuses saisons au meilleur de leur floraison, photographiés par de multiples personnes, résidents ou touristes de passage.... ont muri ! Il en est de même avec la végétation en général, arbres, fleurs perdent un peu de leurs beauté fin de l'automne, début de l'hiver..... Dans toute entreprise, il y a des effets induits : en agriculture, les cultures murissent ; dans le ravalement de façade, avons-nous répondu en séance, les échaffaudages ne sont pas toujours vus comme des splendeurs remarquables !!!
Mais pour conclure, laissons ici la parole à Pierre Gallet, agriculteur challésien ! (la lettre originale ; page 1 cliquez ici ;page 2 cliquez ici)
"Monsieur le Maire de Challes-Les-Eaux,
mesdames et messieurs les conseillers municipaux
Il est des choses proférées qui sont une telle marque d'ignorance qu'elle vont finir par ridiculiser leur auteur.
Aussi je me permets de vous apporter quelques précisions qui ne feront pas de mal à votre culture.
Le tournesol est souvent semé à quelques exemplaires dans les jardins pour la beauté de ses fleurs. Dans ce cas, on laisse manger les graines aux oiseaux et on les arrache ensuite.....
Mais quand tout un champ est planté de tournesols, c'est une culture et c'est la graine à maturité qui est alors récoltée, dont on tire l'huile de tournesol destinée à la consommation humaine et le sous-produit, le tourteau, riche en protéines, peut être valorisé en consommation animale.
On n'est pas habitué en Savoie car il ne s'en produit quasiment pas ; mais il suffit d'aller dans l'Ain ou l'Isère en fin d'été pour voir des champs de tournesols dont la tête est totue noire, les tiges noires et les feuilles sèches qui attendent d'être moissonnées et, le plus souvent, sur un sol nu comme mune rente parce que désherbé chimiquement.
Un champ de tournesols noirs, comme on en a vu cet automne sur Peid-devant, n'est donc pas le signe d'une culture négligée, mais seulement un aspect inhabituel d'une culture méconnue chez nous.
Il est toujours bon de se renseigner avant de porter un jugement.
Je reste à votre disposition pour tout complément d'information.
Veuillez agréer, monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux, mes plus respectueuses salutations."
Pierre Gallet
En Savoie, comme dans beaucoup d'autres départements, dans des collectivités locales d'obédiences politiques diverses, des politiques de préservation du foncier agricole sont menées..... C'est l'objet de la charte foncière départementale qui vient d'être signée que d'orienter les politiques vers de bonnes pratiques pour répondre aux enjeux agricoles contemporains ! [télécharger l'article du Dauphiné Libéré]
Il est clair qu'à Challes nous sommes loin de cette façon de penser : le PLU que le maire veut faire adopter lors de la séance du 14 décembre réduit une nouvelle fois le rôle de l'agriculture sur notre commune au risque de provoquer des déséquilibres irrémédiables. L'agriculture locale est la variable d'ajustement pour compenser les décisions de la majorité municipale au cours des derniers mandats et celui-ci :
Comme sur d'autres dossiers en cours, les erreurs stratégiques de la majorité doivent trouver des "payeurs".
Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire au sujet du développement des circuits
courts dans la restauration scolaire.
Dans le cadre du projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, il avait annoncé une modification, par décret en Conseil d'État, des règles de passation des marchés publics avant
la fin de l'année 2010. Ce décret devait, notamment, favoriser l'approvisionnement des restaurants scolaires auprès des producteurs locaux.
Lors des débats du projet de loi de finances pour 2011, il a indiqué que l'examen de ce décret était désormais reporté à la fin du mois de janvier 2011.
De ce fait, depuis plusieurs mois, les restaurants scolaires, les collectivités territoriales et les producteurs locaux sont dans l'attente de cette réforme indispensable tant pour la qualité des
repas de nos enfants que pour l'avenir des petits producteurs locaux.
Elle aimerait donc connaître l'état réel d'avancement des travaux sur ce sujet ainsi que le contenu de ce futur décret qui doit favoriser l'approvisionnement en circuit court des restaurants
scolaires.
Le renforcement du lien entre les producteurs et les consommateurs constitue l'une des priorités du ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire (MAAPRAT). Les circuits courts de commercialisation apportent une réponse particulièrement appropriée à cette attente. Par ailleurs, ces circuits permettent de mieux valoriser les productions et de créer des emplois. Le développement des circuits courts constitue, à ce titre, un axe important du programme national pour l'alimentation mis en place par la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010. Le ministère chargé de l'agriculture a donc mis en oeuvre un plan d'action pour développer les circuits courts de commercialisation. Ce plan, décliné en 4 axes et 14 mesures, vise à améliorer les connaissances sur les circuits courts et à les mutualiser, à adapter la formation des agriculteurs du stade de la production jusqu'à la vente, à favoriser l'installation des jeunes agriculteurs en circuits courts et à assurer une meilleure organisation de ce mode de commercialisation. Le Gouvernement prépare également une réforme du code des marchés publics. Dans le cadre de cette réforme, une disposition réglementaire prévoit d'accorder, à égalité de prix ou à équivalence d'offres, un droit de préférence à l'offre présentée par des exploitants agricoles. Une telle mesure entend favoriser l'accès des productions issues de circuits courts à la restauration collective gérée par les collectivités territoriales. Un décret est actuellement soumis à consultation avant son passage au Conseil d'Etat. Par ailleurs, un guide intitulé « La restauration collective : favoriser une restauration collective de proximité et de qualité » à destination des collectivités locales et élaboré par la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) de Rhône-Alpes vient de paraître. Il vise à favoriser une restauration collective de proximité et de qualité en guidant l'acheteur public dans la rédaction de ses appels d'offres pour exploiter les différentes possibilités permises par le code des marchés publics. Ce guide a été mis à disposition de l'ensemble des DRAAF, lesquelles en informeront directement leurs interlocuteurs locaux. D'autres mesures sont prévues, telles que la sensibilisation des collectivités territoriales, l'information des producteurs vis-à-vis des aides existantes dont ils peuvent bénéficier notamment dans le cadre des programmes de développement rural et la mise à disposition d'informations sur le site Internet du MAAPRAT. L'ensemble des mesures est décliné au niveau régional, et un groupe de travail est chargé de suivre la mise en oeuvre des mesures et de proposer, le cas échéant, de nouvelles pistes de réflexions.
Dans les représentations l'agriculture est vouée à exploiter les espaces ruraux et la ville ne peut inclure d'agriculture.
Cependant, au cours de ces 30 dernières années, un étalement urbain, inégalé dans notre histoire, a cerné l'activité primaire qu'est l'agriculture. Le mitage du foncier a déstabilisé les exploitations. Les meilleures terres ont été consacrées à la construction de lotissements. La fragilité des exploitations est accentuée par la fragilité des modes d'accès au foncier. La propriété représente une faible part des surfaces agricoles et les baux verbaux et précaires constituent une part importe de celles-ci.
Dans ce mouvement, Challes ne fait pas exception. Challes ne compte plus que 91,75ha de surfaces cultivées exploitées par 13 exploitants (données 2008 déclarations PAC). Quatre d'entre eux ont pour siège d'exploitation Challes Les Eaux, 9 autres sont situés sur d'autres communes.
Pour l'agriculture locale nous sommes probablement arrivés à une période charnière. Quelle place doit-on accorder à l'agriculture sur les 15-20 prochaines années, sachant que tout empiètement urbain sur le sol agricole est irréversible ? Y a-t-il des intérêts à maintenir une activité agricole sur la commune et ses environs ? Quelles sont les zones agricoles et naturelles à enjeux : enjeu pour le maintien de la pérennité des structures économiques de production, enjeux pour la collectivité ?
Quels bénéfices attendre de l'activité agricole ? La vocation première de l'agriculture est sa fonction nourricière. Fonction oubliée ces dernières décennies du fait de l'abondance de biens agricoles et alimentaires sur les marchés. Mais cette période semble bien finie : il est probable qu'il faille s'habituer à une raréfaction des biens agricoles pour satisfaire les besoins croissants d'une population en expansion et ingérant des quantités plus importantes de produits carnés. La hausse des cours de l'énergie a aussi montré toute la fragilité de notre mode d'approvisionnement. La sagesse, ainsi que le prône le Grenelle de l'environnement, est donc de favoriser les circuits courts et locaux. Ceux-ci permettent par la même occasion de limiter les émissions de gaz à effet de serre (l'alimentation est à l'origine de près de 20% des émissions dans notre pays) et rassurer les consommateurs sur la qualité des produits du fait de la proximité du lieu de production et la connaissance du producteur. Ce qui peut être favorisé par l'encouragement à l'agriculture biologique.
Il est vrai que d'un point de vue purement gestionnaire l'agriculture rapporte peu ! Il est préférable d'avoir un hectare de lotissement ou de zone d'activité générant taxe d'habitation, taxe foncière et taxe professionnelle.... D'un point de vue emplois créés, il est certain que l'emploi est plus dense en zone d'activité qu'en zone agricole. Mais c'est un raisonnement de courte vue car la sécurité des approvisionnements alimentaires n'a pas de prix ! On le sait bien lors des crises alimentaires !
D'autre part, les activités de l'agriculture génèrent d'autres bénéfices, non monétaires, mais essentiels et quand elles ne sont plus réalisées par les agriculteurs cela engendre des dépenses collectives :
- gestion paysagère ;
- entretien des chemins ruraux ;
- gestion des zones naturelles et de la biodiversité.
Le rôle (et la localisation) de l'agriculture sur notre commune s'envisage aujourd'hui, dans une approche globale ainsi que dans une perspective d'agglomération de cohérence d'ensemble des systèmes de production et d'approvisionnement alimentaire, dans la phase de rédaction du PLU dans laquelle nous sommes.
Pas de réponse toute faite à un problème complexe, mais nécessairement des solutions concertées à trouver avec les parties en présence, agriculteurs, propriétaires fonciers, collectivités publiques (à l'échelle de plusieurs communes) et populations.
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